Hymne : Dieu, ce monde était encore absent
Dieu, ce monde était encore absent
Que déjà, depuis toujours,
Toi, Parole en nos commencements,
Tu portais le poids des choses.
Toi qui penses, toi qui crées,
L'univers en toi repose.
Dieu, quand l'homme eut habité le temps,
Y jetant ses propres cris,
Toi, Parole en nos événements,
Tu déroules notre histoire.
Toi qui juges, toi qui sauves,
Jésus Christ nous dit ta gloire.
Dieu, nos fleuves vont charriant leurs eaux,
Ignorant des lendemains,
Toi qui tiens déjà le dernier mot,
Tu connais le Jour et l'Heure.
Toi qui aimes, qui accueilles,
Tu prépares la Demeure.
Antienne
Sauve-moi, Seigneur, au nom de ton amour.
Psaume : (6)
2Seigneur, corrige-moi sans colère,
et reprends-moi sans fureur.
3Pitié, Seigneur, je dépéris !
Seigneur, guéris-moi !
Car je tremble de tous mes os,
4de toute mon âme, je tremble.
Et toi, Seigneur, que fais-tu ? +
5Reviens, Seigneur, délivre-moi,
sauve-moi en raison de ton amour !
6Personne, dans la mort, n'invoque ton nom ;
au séjour des morts, qui te rend grâce ?
7Je m'épuise à force de gémir ; +
chaque nuit, je pleure sur mon lit :
ma couche est trempée de mes larmes.
8Mes yeux sont rongés de chagrin ;
j'ai vieilli parmi tant d'adversaires !
9Loin de moi, vous tous, malfaisants,
car le Seigneur entend mes sanglots !
10Le Seigneur accueille ma demande,
le Seigneur entend ma prière.
11Qu'ils aient honte et qu'ils tremblent, tous mes ennemis,
qu'ils reculent, soudain, couverts de honte !
Antienne
Dieu, refuge des pauvres au temps de la détresse.
Psaume 9 A - I
2De tout mon coeur, Seigneur, je rendrai grâce,
je dirai tes innombrables merveilles ;
3pour toi, j'exulterai, je danserai,
je fêterai ton nom, Dieu Très-Haut.
4Mes ennemis ont battu en retraite,
devant ta face, ils s'écroulent et périssent.
5Tu as plaidé mon droit et ma cause,
tu as siégé, tu as jugé avec justice.
6Tu menaces les nations, tu fais périr les méchants,
à tout jamais tu effaces leur nom.
7L'ennemi est achevé, ruiné pour toujours,
tu as rasé des villes, leur souvenir a péri.
8Mais il siège, le Seigneur, à jamais :
pour juger, il affermit son trône ;
9il juge le monde avec justice
et gouverne les peuples avec droiture.
10Qu'il soit la forteresse de l'opprimé,
sa forteresse aux heures d'angoisse :
11ils s'appuieront sur toi, ceux qui connaissent ton nom ;
jamais tu n'abandonnes, Seigneur, ceux qui te cherchent.
12Fêtez le Seigneur qui siège dans Sion,
annoncez parmi les peuples ses exploits !
13Attentif au sang versé, il se rappelle,
il n'oublie pas le cri des malheureux.
Antienne
Je proclamerai ta louange aux portes de Sion.
Psaume 9 A - II
14Pitié pour moi, Seigneur,
vois le mal que m'ont fait mes adversaires, *
toi qui m'arraches aux portes de la mort ;
15et je dirai tes innombrables louanges
aux portes de Sion, *
je danserai de joie pour ta victoire.
16Ils sont tombés, les païens, dans la fosse qu'ils creusaient ;
aux filets qu'ils ont tendus, leurs pieds se sont pris.
17Le Seigneur s'est fait connaître : il a rendu le jugement,
il prend les méchants à leur piège.
18Que les méchants retournent chez les morts,
toutes les nations qui oublient le vrai Dieu !
19Mais le pauvre n'est pas oublié pour toujours :
jamais ne périt l'espoir des malheureux.
20Lève-toi, Seigneur : qu'un mortel ne soit pas le plus fort,
que les nations soient jugées devant ta face !
21Frappe-les d'épouvante, Seigneur :
que les nations se reconnaissent mortelles !
V/Montre-moi comment garder ta loi,
que je l'observe de tout mon cœur.
Lecture : La mission de Paul (Ga 1, 13-24; 2, 1-10)
"BREVILOQUIUM", DE SAINT BONAVENTURE
De la connaissance de Jésus Christ
découle l'intelligence de toute l'Écriture.
L'origine de l'Écriture ne se situe pas dans la recherche humaine, mais dans la divine révélation qui provient du Père des lumières, de qui toute paternité au ciel et sur terre tire son nom. De lui, par son Fils Jésus Christ, s'écoule en nous l'Esprit Saint. Par l'Esprit Saint, partageant et distribuant ses dons à chacun de nous selon sa volonté, la foi nous est donnée et, par la foi, le Christ habite en nos coeurs. Telle est la connaissance de Jésus Christ de laquelle découle, comme de sa source, la fermeté et l'intelligence de toute la sainte Ecriture.
Il est donc impossible d'entrer dans la connaissance de l'Écriture sans posséder d'abord, insérée en soi, la foi du Christ, comme la lumière, la porte et le fondement de toute l'Ecriture. Car, aussi longtemps que nous vivons en exil loin du Seigneur, la foi est elle-même le fondement stable, la lumière directrice et la porte d'entrée dans toutes les illuminations surnaturelles. Selon la mesure de cette foi, doit être mesurée la sagesse qui nous est donnée par Dieu, afin de ne pas goûter plus qu'on ne doit, mais de goûter avec sobriété et selon la mesure de foi que Dieu départit à chacun.
L'aboutissement ou le fruit de la sainte Écriture n'est pas n'importe quoi, c'est la plénitude de l'éternelle félicité. Car elle est l'Écriture dans laquelle sont les paroles de la vie éternelle; elle est donc écrite, non seulement pour que nous croyions, mais aussi pour que nous possédions la vie éternelle dans laquelle nous verrons, nous aimerons et où nos désirs seront universellement comblés. Alors, nos désirs étant comblés, nous connaîtrons vraiment la charité qui surpasse la connaissance et ainsi nous serons remplis de toute la plénitude de Dieu. C'est à cette plénitude que la divine Écriture s'efforce de nous introduire selon la vérité du passage de l'Apôtre Paul qui vient d'être cité. C'est donc en vue de cette fin, c'est dans cette intention que la sainte Écriture doit être étudiée, enseignée et entendue.
Pour que nous parvenions à ce fruit et à ce terme directement en progressant par la route droite des Écritures, il faut commencer par le commencement, c'est-à-dire accéder d'une foi pure au Père des lumières en fléchissant les genoux de notre coeur, afin que par son Fils, dans son Esprit Saint, il nous donne la vraie connaissance de Jésus Christ et, avec sa connaissance, son amour. Le connaissant et l'aimant et comme consolidés dans la foi et enracinés dans la charité, il nous sera alors possible de connaître la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur de la sainte Ecriture et, par cette connaissance, de parvenir à la connaissance entière et à l'amour extatique de la bienheureuse Trinité. Là tendent les désirs des saints, là se trouvent l'aboutissement et l'achèvement de toute vérité et de tout bien.
R/O abîme de la sagesse
et de la science de Dieu,
insondables, ses décrets,
incompréhensibles, ses voies !
Mystère de Dieu, mystère du Christ,
où se trouvent cachés tous les trésors
de la sagesse et de la connaissance.
Dieu a voulu nous faire connaître
la gloire de ce mystère au milieu des nations :
le Christ parmi nous, espérance de la gloire.
Oraison
Seigneur, tu as voulu que toute la loi consiste à t'aimer et à aimer son prochain : donne-nous de garder tes commandements, et de parvenir ainsi à la vie éternelle.